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DESJORDY (Sourdy) MOREAU DE CABANAC, FRANÇOIS, chevalier de Saint-Louis, commandant du fort Frontenac en 1696, commandant du fort Chambly en 1711 et 1712, major de Trois-Rivières de 1720 à 1726 ; né en 1666 à Carcassonne, France, fils unique de Pierre-François de Jordy et d’Élisabeth de Pradines, décédé à Trois-Rivières en 1726.

En 1682, à l’âge de 16 ans, François entra comme cadet dans le régiment de Besançon. Trois ans plus tard, il recevait son brevet de lieutenant. Avec son oncle Joseph Desjordy de Cabanac, il vint au Canada à bord de la Diligente en qualité d’officier dans les troupes de la marine qui venaient apporter du renfort à Brisay de Denonville. En garnison à Montréal de 1685 à 1687, sous le commandement de Callière, François Desjordy Moreau a probablement pris part à la lamentable expédition de Denonville contre les Iroquois en 1687. Il a certainement participé à la défense de Québec lors du siège de Phips* en 1690 ; il y est mentionné sous le nom de « de Sourdy ». Le même nom figure sur la liste des officiers qui ont guerroyé contre les Iroquois après l’échec de Phips. Il a aussi fait partie, en 1692, de l’expédition que menèrent à l’île de Toniata (Grenadier Island, près de Brockville) les sieurs Claude Guillouet d’Orvilliers et Dubois* Berthelot de Beaucours. Cette expédition est un bel exemple du genre d’opérations militaires que l’on montait à l’époque. La même année, il figure comme capitaine réformé au « Rolle des Officiers qui servent en Canada » ; on le reconnait bon officier et capable de bravoure.

En 1694, François eut maille à partir avec Mgr de Saint-Vallier [La Croix], qui le frappa d’interdit à cause de sa conduite scandaleuse ; il entretenait une maîtresse à Batiscan, Marguerite Dizy, épouse de Jean Desbrieux. Il n’a toutefois pas encouru l’excommunication comme l’a prétendu Gosselin. À la suite d’une altercation entre le curé de Batiscan, Nicolas Foucault, d’une part, François et son oncle Joseph, d’autre part, on porta le cas devant le Conseil supérieur. L’affaire Cabanac-Desbrieux fut la cause d’une des nombreuses querelles qui s’élevèrent entre Mgr de Saint-Vallier et Buade* de Frontenac. Bien que l’interdit ait été maintenu, aucune action ne fut intentée contre les deux Desjordy : ils étaient tous deux amis de Frontenac et avaient d’excellentes relations en France. Néanmoins, en 1696, on enverra le bouillant jeune officier méditer au fort Frontenac. La même année, à titre de capitaine dans les troupes commandées par Rigaud de Vaudreuil, Desjordy prit part à l’expédition que Frontenac mena contre les Iroquois.

En octobre 1696, on lui concéda la seigneurie des Aulnets sur la rivière Chaudière et, un mois plus tard, il épousait Anne Nolan (1674–1703), fille de Pierre Nolan, marchand de Ville-Marie. Trois filles naquirent de cette union. Sa femme mourut en 1703 et il convola en 1705 avec Louise-Catherine Robinau (1677–1757), fille de René Robinau* de Bécancour, baron de Portneuf. Louise-Catherine apporta à son mari la Seigneurie des îles Bouchard. Ils y élevèrent leur famille composée de sept enfants, dont quatre fils.

François n’en poursuivit pas moins sa carrière militaire. En 1709, il accompagna Ramezay dans une expédition contre Nicholson, et en 1711 et 1712 il succéda à Raymond Blaise Des Bergères, comme commandant du fort Chambly. Le 28 juin 1718, il reçut la croix de Saint-Louis et en 1720 il remplaça François Mariauchau d’Esgly au poste de major de Trois-Rivières. Son oncle, Joseph Desjordy, avait occupé le même poste en 1712 et 1713. Par un ordre publié en 1725, François Desjordy de Saint-Georges devint commandant de Trois-Rivières : ce titre équivalait à celui de gouverneur de Trois-Rivières. Il semble toutefois que le « de Saint-Georges » ait été ajouté par erreur car c’est l’unique fois que ce nom est accolé au patronyme de Desjordy.

François Desjordy Moreau mourut à Trois-Rivières au début de 1726 ; il y fut inhumé le 16 février. Sa femme mourait 31 ans plus tard dans son manoir des îles Bouchard, en septembre 1757.

George F. G. Stanley

AN, Col., C11A, 13, ff.64–66, 95–98 ; Col., F3, 7, ff.198–270.— Charlevoix, History (1902), V : 12, 218s.— NYCD (O’Callaghan et Fernow), IX : 649,655.— Royal Fort Frontenac (Preston et Lamontagne), 467.— E.-J. Auclair, Les de Jordy de Cabanac, histoire dune ancienne famille noble du Canada (Montréal, 1930).— Eccles, Frontenac, 299s.— Fauteux, Les chevaliers de Saint-Louis, 111s.— Sulte, Mélanges historiques (Malchelosse), XIV : 69.— É.-Z. Massicotte, Les commandants du fort Chambly, BRH, XXXI (1925) : 455.

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George F. G. Stanley, « DESJORDY MOREAU DE CABANAC, FRANÇOIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/desjordy_moreau_de_cabanac_francois_2F.html.

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Auteur de l'article:   George F. G. Stanley
Titre de l'article:   DESJORDY MOREAU DE CABANAC, FRANÇOIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   21 septembre 2014