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CHESLEY, ANNIE AMELIA, surintendante et instructrice en soins infirmiers, née en 1857 ou en 1858 à Toronto ou dans les environs, fille d’Edward James Chesley et d’Alpha Mary Turquand ; décédée célibataire le 6 novembre 1910 à Ottawa.

Annie Amelia Chesley était issue d’une famille liée depuis longtemps à la fonction publique : tant son grand-père Solomon Yeomans Chesley* que son père travaillèrent de nombreuses années au département des Affaires indiennes. De son enfance, on ne sait rien. Elle reçut sa formation en soins infirmiers de 1893 à 1896 au Johns Hopkins Hospital de Baltimore, où elle demeura comme infirmière en chef jusqu’au début de 1898.

En 1897, plusieurs citoyens influents d’Ottawa, dont le docteur Henry Pulteney Wright et les magnats du bois John Rudolphus Booth* et John Manuel, avaient fondé le St Luke’s Hospital. Subventionné par l’Église presbytérienne, l’établissement n’en reçut pas moins un appui sans réserve de la part de l’élite d’Ottawa. Sir Wilfrid Laurier* posa la première pierre de l’édifice ; en juillet 1898, le gouverneur général lord Aberdeen [Hamilton-Gordon*] et lady Aberdeen [Marjoribanks*] présidèrent les cérémonies d’ouverture.

L’objectif déclaré du St Luke’s Hospital était d’être « un hôpital moderne voué au soin et au traitement scientifique des malades et des blessés ». Pour contribuer à l’atteinte de ce but, on ouvrit une école d’infirmières, à partager avec le Lady Stanley Institute, qui avait été mis sur pied en 1891 afin de former et de loger des infirmières et d’offrir des conférences au public. Annie Amelia Chesley fut nommée surintendante du St Luke’s Hospital. Son rôle était double. D’abord, elle administrait l’établissement, qui comptait 30 lits, en supervisant les soins et l’alimentation. Dans les premières années, elle dut elle-même commander les vivres et les fournitures médicales, et surveiller la préparation des aliments diététiques. Ensuite, elle mettait au point et dirigeait le programme de formation des infirmières, qui durait trois ans. Dans les trois premières années où le cours se donna, elle reçut 300 demandes d’admission et en retint 30. Le premier groupe, qui comptait sept élèves, fut promu en 1901. Le programme mettait l’accent sur l’aspect scientifique du travail des infirmières, mais le St Luke’s Hospital leur apprenait aussi les soins traditionnels. Aussi était-il considéré comme un « hôpital de famille ».

Le jour, les élèves suivaient les cours de Mlle Chesley et de ses quatre assistantes, et le soir, ceux que venaient leur donner des médecins de la région. Elles avaient aussi un « cours pratique continu » dans le cadre duquel, à chaque heure, elles prenaient la température et le pouls des patients, examinaient selles et urine, et tenaient des dossiers détaillés. En outre, elles apprenaient à cuisiner selon divers régimes diététiques et suivaient un cours de massage. Malgré tout cela, on attendait de leur part une bonne somme de travail manuel, par exemple, frotter les encriers de verre taillé de la salle du conseil. Les élèves infirmières ne travaillaient pas uniquement au St Luke’s Hospital ; plusieurs d’entre elles prêtaient leurs services pendant quelques mois à d’autres hôpitaux de la ville, dont l’Ottawa Maternity Hospital, fondé en 1895.

Parce qu’elle se considérait comme un membre de la haute administration, Mlle Chesley veillait à maintenir la distinction entre son équipe administrative et son groupe d’élèves. Ainsi, même si elle décernait chaque année une médaille personnelle à la meilleure de ses élèves, il n’y a guère lieu de croire qu’elle entretenait avec elles des relations chaleureuses. Par ailleurs, elle veillait à l’avancement de sa profession. Elle fut la première présidente de l’Ottawa Graduate Nurses Association. Avec plusieurs de ses collègues, elle dressa le premier registre central des infirmières professionnelles d’Ottawa. Ce registre visait probablement à identifier les infirmières certifiées de la région, et peut-être à fournir, à ceux qui avaient besoin de services à domicile, les noms de personnes compétentes.

En 1902, la charge d’Annie Amelia Chesley se trouva sensiblement allégée par la nomination d’une assistante, Emily Maxwell. C’est d’ailleurs cette dernière qui lui succéda après qu’une longue maladie l’ait forcée à prendre sa retraite en 1910. Elle mourut moins de huit mois après, à l’hôpital, qui était devenu son foyer. Ses « anciennes » regrettèrent sa disparition. Même si elle se considérait avant tout comme une administratrice, elle était, rappelait la Canadian Nurse and Hospital Rev., « toujours disposée à conseiller et à encourager [ses élèves], toujours intéressée par leurs joies et leurs peines et disposée à tendre une oreille sympathique ».

Sharon Anne Cook

Alan Mason Chesney Medical Arch., Johns Hopkins Medical Institutions (Baltimore, Md), File information concerning Chesley.— AN, MG 28, III 26, 719.— AO, RG 22, Ser. 354, no 6162 ; RG 80-8, no 1910-010062.— Beechwood Cemetery (Ottawa), Burial records.— City of Ottawa Arch., St Luke’s Hospital records, comprenant une coupure de presse du Evening Citizen (Ottawa), 7 nov. 1953.— Ottawa Evening Journal, 9 nov. 1910 : 2.— Canadian Nurse and Hospital Rev. (Toronto, etc.), 7 (1911) : 14.— Johns Hopkins Nurses Alumnae Magazine (Baltimore), 11 (1911) : 185s.

Bibliographie générale

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Sharon Anne Cook, « CHESLEY, ANNIE AMELIA », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/chesley_annie_amelia_13F.html.

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Auteur de l'article:   Sharon Anne Cook
Titre de l'article:   CHESLEY, ANNIE AMELIA
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   22 juillet 2014