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BRYDEN, JOHN, directeur de houillères, homme d’affaires et homme politique, né le 3 décembre 1833 à Dalzellyie, paroisse de Kirkoswald, Écosse, fils de John Brydan et d’Ann Cooper ; en 1866, il épousa Elizabeth Hamilton Dunsmuir, fille de Robert Dunsmuir*, et ils eurent deux fils et une fille ; décédé le 27 mars 1915 à Esquimalt, Colombie-Britannique.

En 1862, au terme d’une série de cours du soir à l’Andersonian Institution de Glasgow, John Bryden reçut un certificat de deuxième classe en exploitation minière et métallurgie de la Society for the Encouragement of Arts, Manufactures, and Commerce. Peu après, il adressa une demande d’emploi à la Vancouver Coal Mining and Land Company. Quelque temps auparavant, cette société avait acheté les intérêts miniers de la Hudson’s Bay Company dans la région de Nanaimo, sur l’île de Vancouver. Elle engagea Bryden comme « inspecteur du charbon » à raison de 300 £ par an. Arrivé dans la colonie en 1862, Bryden commença à travailler sous la supervision du surintendant des mines, Robert Dunsmuir, qui deviendrait non seulement un riche propriétaire de houillères, mais aussi son ami, son employeur et son beau-père.

Bryden devint codirecteur de l’exploitation souterraine en 1868. Il détint ce poste jusqu’en 1880, puis démissionna, manifestement parce que, selon lui, les concessions faites par le conseil d’administration de la compagnie au cours d’une grève avaient sapé son autorité sur les employés. (Bryden serait toujours un adversaire des syndicats. En 1903, il déclarerait devant la commission royale sur les conflits industriels en Colombie-Britannique : « Je gagnerai ma vie en ramassant des palourdes plutôt que [d’accepter que] vos Chevaliers du travail et le comité des griefs fassent la loi dans les mines. ») Engagé en 1881 comme directeur de la houillère de Wellington, la Dunsmuir, Diggle Limited, il occupa ce poste jusqu’à sa retraite en 1894. Loin d’être un simple employé de l’empire Dunsmuir, il jouait un rôle actif dans plusieurs entreprises que les Dunsmuir dominaient ou avec lesquelles ils avaient des liens. Par exemple, il fut l’un des premiers actionnaires (minoritaires), puis le trésorier de l’Esquimalt and Nanaimo Railway ; il fut aussi l’un des premiers actionnaires (minoritaires également) de la Union Colliery of British Columbia, de même que vice-président de cette compagnie. En outre, il fut directeur administratif, puis président de l’Albion Iron Works. Ses intérêts commerciaux n’ont pas fait l’objet d’une étude exhaustive, mais il semble que ses investissements aient fait de lui un membre riche de la société britanno-colombienne de la fin du xixe siècle.

Avant de connaître la réussite financière, Bryden avait fait des pieds et des mains pour entrer dans la bonne société de Vancouver. Au cours de ses 15 premières années dans l’île, il acheta des terres et tenta de mettre sur pied une petite entreprise à lui, participa aux affaires municipales, se fit élire capitaine de la milice locale et obtint le titre de juge de paix. En outre, il contribua aux premiers efforts de regroupement des ingénieurs professionnels de la province. On le consultait souvent sur des questions relatives à l’industrie de la houille. Durant plus de 20 ans, il appartint au conseil d’examinateurs formé en vertu du Coal Mines Regulation Act. En 1884, il témoigna devant la commission royale fédérale d’enquête sur l’immigration chinoise. En 1902, il fit partie de la commission provinciale sur les causes d’explosion dans les mines de charbon. En 1903, il comparut devant la commission royale sur les conflits industriels dans la province.

Élu au conseil municipal de Nanaimo en 1875, Bryden entra la même année à l’Assemblée provinciale à titre de député de Nanaimo. Il démissionna de son siège l’année suivante en raison de problèmes d’affaires, mais fut réélu dans North Nanaimo en 1894 et en 1898, après quoi il subit la défaite en 1900. La même année, les conservateurs le choisirent en son absence comme candidat conservateur aux élections fédérales, mais il ne se présenta pas. Les partis politiques n’étaient pas encore tout à fait organisés en Colombie-Britannique, et Bryden changea plusieurs fois d’étiquette. D’abord candidat réformiste contre le gouvernement de George Anthony Walkem* en 1875, il se présenta ensuite comme partisan du gouvernement de Théodore Davie* en 1894 et comme partisan de celui de John Herbert Turner* en 1898, puis fit la lutte à Joseph Martin* en 1900. Ses déclarations de campagne et ses votes à l’Assemblée législative indiquent qu’il était en faveur du développement économique et de la tempérance, s’opposait aux jeux de hasard, désapprouvait le suffrage féminin et, surtout, soutenait sans réserve le droit des employeurs d’embaucher de la main-d’œuvre chinoise. Bien que l’opinion lui ait reproché d’appuyer le capital en général et l’empire Dunsmuir en particulier, il semble que les candidats adverses le respectaient.

Bryden est important dans le domaine du droit constitutionnel en raison des poursuites qu’il intenta, en tant qu’actionnaire, contre la Union Colliery. Cette entreprise embauchait des Chinois comme mineurs de fond et Bryden prétendait que cette pratique allait à l’encontre du Coal Mines Regulation Act. De toute évidence, Bryden avait entamé ces poursuites de connivence avec James Dunsmuir en vue d’obtenir un jugement statuant qu’il y avait eu empiètement sur un champ de compétence fédéral. Finalement, en 1899, le comité judiciaire du Conseil privé conclut dans l’affaire Union Colliery c. Bryden que la loi était invalide parce que « la naturalisation et les aubains » ressortissaient au gouvernement fédéral. L’empire Dunsmuir put donc continuer d’engager des Chinois contre un salaire deux fois inférieur à celui des travailleurs de race blanche.

Membre à part entière de la famille Dunsmuir, Bryden conseilla la veuve de Robert Dunsmuir en matière de finances et tenta de rester neutre dans le différend public qui opposa celle-ci à son fils James. Une fois à la retraite, il s’installa à Esquimalt où, semble-t-il, il coula des jours tranquilles après sa défaite électorale en 1900. Il n’était plus « John Bryden, directeur de houillère », mais « John Bryden, capitaliste ». Président de plusieurs sociétés minières, il spéculait sur le développement immobilier et investissait la plus grosse partie de son capital dans des hypothèques.

On n’a que des descriptions fragmentaires de l’homme qu’était John Bryden. Lorsqu’il quitta la Vancouver Coal Mining and Land Company en 1880, des citoyens vantèrent sa conscience professionnelle et sa prudence en tant que directeur de la mine, sa politesse et ses manières de gentleman, ainsi que son « horreur de l’ostentation ». À sa mort, un ami intime écrivit qu’il avait « un tempérament plutôt effacé » et qu’il possédait « au plus haut point la prudence proverbiale des Écossais ». Peut-être en partie à cause de sa réserve, John Bryden ne figure dans aucun des recueils biographiques des pionniers de la Colombie-Britannique. Il demeure assez peu connu dans l’histoire de la province.

Ross Lambertson

Laurie Harpell, arrière-petite-fille de John Bryden, possède une collection de documents sur son arrière-grand-père, dont une copie du diplôme en exploitation minière qu’il a obtenu en 1862, ainsi que des actions et des registres de placements.

BCARS, E/C/B84a ; GR 184 ; GR 1304, boîte 182, dossier 1915/4579 ; GR 2731, boîte 2 ; I/GB/V27 ; I/GE/A1m.— C.-B., Attorney General, Registrar General (Victoria), Company registration files 54 (1878) (mfm aux BCARS).— General Register Office for Scotland (Édimbourg), Kirkoswald, reg. of births and baptisms.— Nanaimo Community Arch. (Nanaimo, C.-B.), Nanaimo Literary Institute records, A-O-2-O ; B-6.— Daily Colonist (Victoria), 25 mai 1863, 5 mai 1864, 3 mars 1868, 6 mai 1876, 8 juin 1898, 15 mars 1915.— Nanaimo Free Press, 25 avril 1874, 5 déc. 1875, 23 janv., 13 déc. 1876, 20, 27 nov. 1880, 21 janv. 1888, 9 avril, 13, 18, 26 juin, 12 juill. 1894, 27 juin 1898, 28 sept. 1900.— Nanaimo Gazette, 19 mai 1866.— Vancouver Daily Province, 26 févr. 1916.— Victoria Daily Times, 9 août 1890, 4 avril 1945.— Annuaire, C.-B., 1882–1883, 1889, 1892, 1895.— Lynne Bowen, Three dollar dreams (Lantzville, C.-B., 1987).— C.-B., Legislative Assembly, Sessional papers, 1877 : 504 ; 1884 : 183–186 ; 1903 : J9–J16.— Canada, Commission royale sur les conflits industriels en Colombie-Britannique, Report (Ottawa, 1903), 262–268 ; Commission royale sur l’immigration chinoise, Report and evidence (Ottawa, 1885 ; réimpr., New York, 1978).— D. T. Gallacher, « Men, money, machines : studies comparing colliery operations and factors of production in British Columbia’s coal industry to 1891 » (thèse de {{ph.d}}., Univ. of B.C., Vancouver, 1979).— Government Gazette, Vancouver Island (Victoria), 4 févr. 1865.— Alan Grove et Ross Lambertson, « Pawns of the powerful : the politics of litigation in the Union Colliery case », BC Studies, no 103 (automne 1994) : 3–31.— Terry Reksten, The Dunsmuir saga (Vancouver, 1991).

Bibliographie générale

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Ross Lambertson, « BRYDEN, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bryden_john_14F.html.

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Auteur de l'article:   Ross Lambertson
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   1 novembre 2014