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Titre original :  Charles Oliver Bruff, born 1735, died 27 Jan 1817

Provenance : Lien

BRUFF, CHARLES OLIVER, orfèvre, né en 1735 dans le comté de Talbot, Maryland, fils de James Earle Bruff ; en octobre 1763, il épousa à New York Mary Letellier ; décédé le 27 janvier 1817 à Liverpool, Nouvelle-Écosse.

Charles Oliver Bruff appartenait à une longue lignée d’orfèvres du Maryland. De toute évidence, il fit son apprentissage avec son père dans le comté de Talbot ; puis, de 1760 à 1763, il travailla en société avec son frère James Earle à Elizabeth Town (Elizabeth, New Jersey). Au début de 1763, il commença à travailler seul à New York. Quelques années après, sa boutique était qualifiée dans un journal local de « lieu élégant » qui « attirera[it] sûrement l’attention ». Bruff y produisit quelques-unes de ses plus belles pièces en argent, portant toutes le poinçon COB : pots à bière, bols munis de couvercles, timbales et ustensiles. Il offrait aussi à sa clientèle des travaux de gravure, des sceaux et une grande variété de bijoux précieux, tels que boucles, anneaux, broches, médaillons et colliers, ainsi qu’un choix de « colifichets pour dames ».

La Révolution américaine donna à Bruff une excellente occasion d’accroître ses affaires. S’il affirma plus tard avoir été enclin à appuyer la couronne britannique, il fut cependant assez avisé pour s’attirer la clientèle des rebelles en fabriquant des épées aux inscriptions aussi flamboyantes que Magna Charta and Freedom. Ses sympathies politiques réelles ne furent pas connues avant l’été de 1776, au moment où il décida de rallier l’armée britannique, aux ordres de sir William Howe, récemment débarquée à l’île Long, dans la colonie de New York. Pendant les années suivantes, sa vie reste quelque peu entourée de mystère ; on n’entend plus parler de lui, en effet, avant la fin de 1782. Il se joignit à ce moment-là à un groupe de Loyalistes qui projetaient de fonder une nouvelle ville, non corrompue par le républicanisme, à Port Roseway, en Nouvelle-Écosse, qui serait bientôt rebaptisé Shelburne. Arrivé à cet endroit, probablement en mai 1783, avec une maisonnée qui comprenait sa femme, cinq enfants et huit domestiques, Bruff obtint un emplacement urbain, en plus d’une terre dans la campagne adjacente. En janvier 1785, il y exploitait de nouveau une boutique où, selon une annonce parue dans un journal, il fabriquait et réparait « toutes sortes de pièces d’orfèvrerie et de bijoux ».

Après l’été de 1785, la population de Shelburne diminua rapidement, car la plupart des habitants retournaient aux États-Unis ou se dispersaient à Halifax, en Angleterre ou dans le Haut-Canada. Bruff demeura à Shelburne, cependant, malgré la demande décroissante pour les produits de son art. En avril 1786, il se rendit grandement impopulaire en refusant de servir comme constable de la ville, geste qui amena le jury d’accusation à le condamner à la prison pour outrage au tribunal. Plus tard, au cours de la même année, il révéla de nouveau le côté acariâtre de son caractère lorsqu’il parut devant la commission chargée d’examiner les réclamations des Loyalistes. Présentant le témoignage de nul autre que le maire de New York, Bruff exigea près de £4 000 en compensation pour la perte de plus de 3 000 acres de terre au Maryland et de 25 acres de mines d’argent et de plomb en Pennsylvanie. La commission jugea ces réclamations tout à fait extravagantes et, à plusieurs reprises, prévint Bruff de la possibilité qu’il fût accusé de parjure ; l’un des juges écrivit dans son rapport que « cet homme [était] fou ». Bruff reçut ultérieurement une concession supplémentaire dans le comté de Lunenburg, mais il n’obtint aucune compensation en espèces. Cet échec devint plus cuisant encore lorsqu’il apprit, peu de temps après, que son père l’avait déshérité en même temps que son frère Peter Schuyler.

On sait peu de chose de Charles Oliver Bruff, des années 1790 à l’époque de sa mort en 1817. On a lieu de croire qu’il avait abandonné la pratique de son art au début des années 1790, puisqu’il est dit rétameur sur les rôles d’impôt de Shelburne en 1792 et 1793. Peut-être est-il allé habiter Liverpool en 1794, car le 30 décembre 1793 Simeon Perkins notait dans son journal : « un certain M. Bruf, de Shelburne, [...] a consenti à monter son entreprise ici [... Il] est sur le point de prendre la maison du capitaine Zebulon Perkins à £6 par année. » Par la suite, le nom de Bruff n’apparaît dans les sources documentaires qu’en 1817, lorsque l’Acadian Recorder de Halifax publia l’annonce de sa mort, à Liverpool, à l’âge de 82 ans. On n’a retrouvé qu’un seul spécimen de ses œuvres en Nouvelle-Écosse. Il s’agit d’un fer à hostie à deux poignées avec des disques en contre-taille, de cinq pouces trois quarts de diamètre, qui est maintenant conservé au Nova Scotia Museum. L’inscription, en bordure, se lit ainsi : Charles Oliver Bruff – Maker.

Donald C. Mackay

APC, MG 9, B9, 14 (photocopie incomplète aux PANS).— PANS, MG 4, 140 (photocopie) ; 141 (copie dactylographiée) ; RG 1, 444–444 1/2 ; RG 34–321, P, 1.— PRO, AO 13, bundle 11 (copies aux APC).— The arts and crafts in New York : advertisements and news items from New York City newspapers, R. S. Gottesman, compil. (3 vol., New York, 1938–1954), 1–2.— Perkins, Diary, 1790–96 (Fergusson) ; 1797–1803 (Fergusson).— « United Empire Loyalists : enquiry into losses and services », AO Report, 1904 : 139–141.— Acadian Recorder, 8 févr. 1817.— Royal American Gazette (Shelburne, N.-É.), 24, 31 janv. 1785.— Marion Gilroy, Loyalists and land settlement in Nova Scotia (Halifax, 1937).— J. E. Langdon, American silversmiths in British North America, 1776–1800 (Toronto, 1970) ; Canadian silversmiths & their marks, 1667–1867 (Lunenburg, Vt., 1960).— D. C. Mackay, Silversmiths and related craftsmen of the Atlantic provinces (Halifax, 1973).— Sabine, Biog. sketches of loyalists, 2 : 487.— H. B. Dawson, New York City during the American revolution [] (New York, 1861).— J. M. Phillips, American silver (Londres, 1949).— Harry Piers, Master goldsmiths and silversmiths of Nova Scotia and their marks [...], U. B. Thompson et al., édit. (Halifax, 1948).-J. H. Pleasants et Howard Sill, Maryland silversmiths, 1715–1830 [...] (Baltimore, Md., 1930).

Bibliographie générale

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Donald C. Mackay, « BRUFF, CHARLES OLIVER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bruff_charles_oliver_5F.html.

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Titre de l'article:   BRUFF, CHARLES OLIVER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   22 septembre 2014