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La question des écoles du Manitoba


La biographie du premier ministre du Manitoba Thomas Greenway explique les origines de la question des écoles du Manitoba, l’une des questions qui eurent des implications sérieuses sur l’unité nationale au cours des années 1880 et 1890 :

Quand le Manitoba était entré dans la Confédération, en 1870, les écoles étaient administrées par les Églises catholique, anglicane et presbytérienne. En 1871, l’Acte pour établir un système d’instruction maintint ce lien étroit entre éducation et religion en créant un double système public financé par la province dans lequel les catholiques et les protestants conservaient les droits que protégeait, pensait-on, l’article 22 de l’Acte du Manitoba de 1870. Vingt ans plus tard, le gouvernement de la province abolissait ce double système public et le remplaçait par un réseau d’écoles « nationales ». Telle était, en gros, la « question des écoles du Manitoba », qui allait toucher des aspects fondamentaux de la vie provinciale et nationale.

Il faut revenir aux changements démographiques que la province avait connus. En 1870, la population du Manitoba dépassait les 11 000 habitants, à l’exclusion des Amérindiens ; elle se composait, en nombre à peu près égal, de catholiques francophones et de protestants anglophones, ces derniers étant presque tous anglicans ou presbytériens. En 1891, il en allait tout autrement. Les 20 571 catholiques, francophones et anglophones, ne constituaient plus qu’environ 13 % de la population. La très forte majorité protestante se composait de 38 988 presbytériens, de 30 852 anglicans et de 28 431 méthodistes (Greenway appartenait à ce dernier groupe). Ce fut cette transformation rapide qui provoqua ce que l’historien William Lewis Morton* a appelé « le triomphe de la démocratie ontarienne ».

Le Manitoba remodela ses institutions à l’image de celles de l’Ontario […] Au cours de la même décennie, l’usage officiel du français, pourtant garanti par l’article 23 de l’Acte du Manitoba, devint une cible d’attaques. À cela s’ajoutait le fait que les immigrants ontariens ne concevaient pas du tout le rôle de l’école de la même manière que les Manitobains de longue date. Pour ces laïcistes pragmatiques, l’école publique devait être l’instrument de l’homogénéisation de la société. Selon eux, le Manitoba et les Prairies devaient être britanniques et protestants.

À mesure que cette nouvelle majorité confondait écoles catholiques et écoles françaises (conclusion compréhensible quoique imparfaitement juste étant donné le nombre important de catholiques anglophones), les dimensions de la « race » et de la religion envenimèrent le problème du sous-financement chronique des écoles situées dans les régions nouvelles (anglaises) de la province.

 

Les éléments épineux des droits religieux et linguistiques furent exacerbés par l’adoption, en mars 1890, de deux projets de loi : l’un qui abolissait le bureau d’Éducation et le remplaçait par un département ministériel, l’autre qui établissait au Manitoba un réseau scolaire public et non confessionnel. Sir John Alexander Macdonald tenta d’éluder la crise subséquente en laissant le problème aux tribunaux :

Macdonald était d’accord, en 1890, avec Thompson et Edward Blake : mieux valait laisser aux tribunaux, et non à la chambre des Communes, le soin de décider de la constitutionnalité de la loi manitobaine qui abolissait le financement public des écoles catholiques. Lui qui avait si facilement refusé de reconnaître des lois manitobaines afin de protéger la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique [V. John Norquay*] et une loi ontarienne, le Rivers and Streams Act [V. John Godfrey Spragge], capitulait à présent devant le simple bon sens. Si la loi des écoles du Manitoba était inconstitutionnelle, les tribunaux le déclareraient. Si elle était conforme à la constitution, pourquoi refuser de la reconnaître ?

 

Le problème couva pendant des années après sa mort en 1891. Wilfrid Laurier, qui deviendrait premier ministre en 1896, adopta une stratégie semblable pour esquiver le principe tout en assurant la survie politique de son parti par des manœuvres tactiques [V. La campagne électorale de 1896 et la crise scolaire au Manitoba].

Pour obtenir d’autres renseignements sur Macdonald et la question des écoles du Manitoba, nous vous invitons à consulter les biographies suivantes.

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