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HOLMES, CHARLES, officier de marine, baptisé le 19 septembre 1711 à Yarmouth, île de Wight, fils du gouverneur de cette île, Henry Holmes, et de Mary Holmes, sa cousine, décédé le 21 novembre 1761 à la Jamaïque.

En 1727 Charles Holmes se joignit à l’équipage du Captain, navire de 70 canons, comme simple matelot. Promu lieutenant le 18 juin 1734, il servit au pays et dans la Méditerranée, puis en 1740 il se rendit aux Antilles. En 1741, on lui confia son premier commandement, celui du brûlot Strombolo, puis il prit ensuite celui du brulôt Success sur lequel il rentra en Angleterre. Le 20 février 1741/1742, il prit le commandement du Sopphire (24 canons) et fut confirmé dans son grade de capitaine de vaisseau. En juin 1743 on lui donna la direction de l’Enterprise (44 canons) et il se rendit aux Antilles. À cet endroit, en mai 1747, il devint capitaine du Lennox, vaisseau armé de 70 canons.

Il participa à un engagement que sir Charles Knowles* mena contre la flotte espagnole, près de Cuba, à l’automne de 1748. Le combat dont l’issue fut peu concluante, souleva une controverse au cours de laquelle Knowles accusa de négligence plusieurs capitaines et parmi eux Holmes. Une cour martiale non seulement exonéra ce dernier mais loua sa conduite.

De 1748 à 1754 Holmes servit dans les eaux territoriales d’Angleterre. En 1755 il se rendit en Amérique du Nord, apparemment pour la première fois, à titre de capitaine du Grafton armé de 74 canons ; son vaisseau faisait partie de l’escadre du contre-amiral Francis Holburne* qui allait apporter du renfort au vice-amiral Boscawen. L’année suivante il retourna en Amérique du Nord comme commodore de l’escadre qui avait mission d’empêcher les renforts français d’atteindre Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton). Deux impondérables des opérations navales du xviiie siècle, le temps et l’état de santé des marins, entravèrent le succès de son escadre, par ailleurs plus que suffisante. Le capitaine Richard Spry, qui avait le commandement de la section de l’escadre qui hivernait à Halifax, arriva au large de Louisbourg en mai mais fut obligé de quitter sa station vers la fin de juin parce qu’un trop grand nombre de ses marins étaient invalides ou mourants, victimes du scorbut et de la dysenterie. Holmes arriva en Nouvelle-Écosse le 26 juin. Le temps brumeux l’ayant empêché d’apercevoir Spry et ses vaisseaux, il croisa au large de Louisbourg jusqu’à ce qu’il rencontre, le 26 juillet, quatre bâtiments français sous les ordres de Louis-Joseph de Beaussier de Lisle. Holmes fut déjoué par Beaussier qui entra dans le port de Louisbourg pour débarquer les ravitaillements dont la forteresse avait un pressant besoin. Le jour suivant, les Français cherchèrent à livrer combat ; il s’ensuivit un engagement prolongé, aux résultats incertains, après quoi Holmes regagna Halifax avec sa flotte pour réparer les avaries. Le 10 août les navires de Beaussier mirent le cap sur la France sans être inquiétés. Pendant le reste de la saison, les vaisseaux de Holmes semèrent la terreur parmi les pêcheurs français du golfe Saint-Laurent et de Terre-Neuve.

Au cours de la période pendant laquelle il exerça le commandement, Holmes ne put compter que sur les installations limitées de Halifax pour satisfaire aux demandes insatiables de son escadre. En 1756 des approvisionnements pour plus de £16 000 furent expédiés d’Angleterre à Halifax et, à eux deux, Holmes et Spry tirèrent des traites pour plus de £1 600. Étant donné les hésitations du gouvernement de Newcastle à poursuivre une stratégie offensive en Amérique, on refusa à Holmes la permission de mettre sur pied un arsenal, et Halifax connut peu d’améliorations en tant que base navale pendant que Holmes en fut le commandant. En compensation, quand il retourna en Angleterre, en octobre 1756, Holmes laissa au gouverneur Lawrence un vaisseau de ligne parmi les bâtiments de guerre qui restaient pour défendre le port.

Au cours de l’hiver, Holmes fit partie de la cour martiale qui condamna l’amiral John Byng et, en 1757, il retourna en Amérique du Nord à bord du Grafton. Ce vaisseau était parmi les bâtiments qui furent sérieusement avariés par un ouragan le 24 septembre, au large de Louisbourg. Bien que le vaisseau eût perdu ses mâts et son gouvernail, Holmes donnant une magnifique exhibition d’habileté professionnelle, le ramena à bon port en Angleterre se servant d’un gouvernail de fortune fait d’un mat de hune de rechange. En 1758 il navigua dans les eaux territoriales et fut promu au grade de contre-amiral de l’escadre bleue.

En 1758 ou 1759 une nouvelle promotion le faisait accéder au grade de contre-amiral de l’escadre blanche, vraisemblablement à l’occasion de sa nomination à la charge de commandant en troisième des forces qui, sous les ordres de Charles Saunders*, devaient participer à l’attaque contre Québec. Holmes arriva à l’île aux Coudres le 27 juin 1759. Le 21 juillet, il se rendit passé Québec, par voie de terre, et prit le commandement des navires qui, sous la direction du capitaine John Rous avaient réussi quelques jours plus tôt à doubler le cap de la citadelle. Avec le Sutherland armé de 50 canons, le Squirrel qui en portait 20 et quelques vaisseaux plus petits, Holmes et le brigadier-général James Murray purent attaquer d’une façon soutenue, en amont du fleuve, du 8 au 25 août, obligeant ainsi Bougainville* à maintenir une patrouille épuisante le long de la rive nord. Holmes lui-même redescendit le fleuve le 25 août, mais l’escadre continua à faire le blocus jusqu’à la veille du débarquement général et contribua à priver Montcalm de l’aide de Bougainville à un moment où son appui eût été désespérément nécessaire sur les Plaines d’Abraham. Le 6 septembre, Holmes accompagna Wolfe lorsqu’il remonta le fleuve pour préparer l’assaut final. Les difficultés auxquelles Holmes aurait à faire face se trouvaient multipliées par suite du choix de l’anse au Foulon comme lieu de débarquement ; il devait assurer un débarquement sûr, dans l’obscurité, sur une grève étroite, en tenant compte d’un courant refoulant de quatre nœuds à marée baissante. Ce fut, comme il l’écrivit : « la tâche la plus hasardeuse et la plus difficile qu’il me fut donné d’entreprendre, [...] la faillite de n’importe laquelle des opérations que je devais effectuer aurait pu bouleverser les plans du Général, et c’est moi qu’on aurait tenu responsable de l’avortement de l’attaque ». En fait, ses plans avaient été préparés de main de maître et ses marins menèrent à bien la tâche qui leur incombait, même si la marée fit dériver les vaisseaux plus à l’est que prévu. L’entreprise fut, selon C. P. Stacey, « une classique d’opérations combinées [...] un triomphe du métier ».

Vers la fin de septembre, Holmes retourna en Angleterre. En 1760 on le nomma commandant en chef à la Jamaïque où, jusqu’à sa mort qui survint l’année suivante, il se livra à une campagne lucrative contre les navires de commerce français.

W. A. B. Douglas

PRO. Adm. 1/480, f.728 ; 1/481, ff.173180, 210, 223, 229 ; 1/482 ; 1/1892 ; 3/64, f.191.— Doughty et Parmelee, Siege of Quebec, II, IV.— Logs of the conquest (Wood).— Charnock, Biographia navalis, V.— J. J. Colledge, Ships of the Royal Navy : an historical index (1 vol. paru, New York et Newton Abbott, Angl., 1969), I.— DNB.— Commissioned sea officers, 1660–1815.— Corbett, England in the Seven YearsWar, I.— Christopher Lloyd, The capture of Quebec (Londres, 1959).— H. W. Richmond, The navy in the War of 1739–48 (3 vol., Cambridge, Angl., 1920), III.— Stacey, Quebec, 1759.

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W. A. B. Douglas, « HOLMES, CHARLES », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/holmes_charles_3F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   30 septembre 2014