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BAYLY (Baily, Baley), CHARLES, premier gouverneur résident de la Hudson’s Bay Company ; circa 1630–1680.

Cet homme exceptionnel, dont la vie a été étrangement marquée et fortement influencée par les disputes religieuses de son temps, est né à Londres de parents français et catholiques et, comme il le dit lui-même, il reçut « une éducation soignée dans l’entourage de la cour britannique. » La nationalité de ses parents, comme aussi le fait qu’on l’élevait en catholique dans une cour protestante, à une époque où l’Église de Rome était impopulaire auprès de la majorité des Anglais, semblent indiquer que son père était de la maison de la reine Henriette-Marie. La vie de la cour souffrit des démêlés de Charles Ier avec le Parlement et des menaces de guerre civile ; les parents de Bayly furent ainsi amenés à envoyer leur fils en France. Il avait alors 12 ou 13 ans. Quelque temps plus tard, sans les consulter, il reprit la route de Londres, mais, arrivé à Gravesend, il se laissa attirer à bord d’un navire en partance pour l’Amérique.

Il dut endurer 14 ans de privations et de souffrances en servage à « Maryland en Virginie » ainsi qu’il désigne habituellement le lieu de son séjour en Amérique. Les mauvais traitements qui lui furent infligés (selon le récit qu’il en a fait), comme aussi la durée de son servage, semblent indiquer qu’il a tenté, mais en vain, de s’arracher à cet état misérable où il était tombé. Redevenu libre, il décida de demeurer en Amérique et d’y gagner sa vie comme manœuvre, plutôt que de regagner l’Europe pour y retrouver sa famille. C’est à ce tournant de sa vie, en 1656 ou 1657, qu’il fut exposé à l’influence de la missionnaire quakeresse Elizabeth Harris. Le 14 janvier 1657/ 1658 (ou le quatorzième jour du onzième mois de l’année 1657, selon le calendrier quaker), un résident de Ann Arundel County, au Maryland, rapportait à la quakeresse que Bayly était devenu un « fidèle convaincu ».

Bayly s’embarqua pour l’Angleterre vers le printemps ou l’été de 1660. Ce voyage semble avoir été inspiré par des convictions religieuses plutôt que par le désir de retrouver sa famille. Après de brefs séjours à Londres et à Douvres, sans doute au moment de la Restauration, il s’associa à une Amie, Jane Stokes, pour aller porter secours au fanatique John Perrot, emprisonné à Rome, disait-on, pour avoir tenté de porter au pape le message quaker. Cette démarche leur valut d’être questionnés puis emprisonnés par l’Inquisition, et Bayly, dans « la prison ou hôpital pour les fous, » s’imposa un jeûne de 20 jours pour protester contre « cette génération maudite ». Libérés à la fin de mai, tous trois reprenaient le chemin de l’Angleterre.

Son prosélytisme lui valut un séjour de deux mois dans une prison, près de Dieppe, au cours de l’été de 1661 ; remis en liberté, il poursuivit sa croisade missionnaire dans le Nord de la France jusqu’à ce que le gouverneur anglais de Dunkerque le mît à bord d’une frégate royale en partance pour l’Angleterre. 24 heures après son arrivée à Douvres, comme il assistait à une réunion d’Amis, il fut mis en état d’arrestation ; il refusa de prêter le serment d’allégeance et fut emprisonné le 13 octobre 1661. Ce fut durant les sept mois de son emprisonnement au château de Douvres, avec d’autres quakers, qu’on remarqua pour la première fois son comportement étrange et qu’il commença à baisser dans l’estime des Amis. John Perrot, à la suite de ses malheurs à Rome, était devenu arrogant et prompt à s’insurger contre les chefs quakers d’Angleterre. Influencé par ce dernier, Bayly fut avec lui responsable du schisme auquel aboutit leur tendance à intensifier la révolte des quakers contre les cultes traditionnels. Ces hérétiques et leurs nombreux adeptes allaient jusqu’à prétendre que saluer son semblable en se découvrant, c’était lui rendre un hommage qui n’est dû qu’à Dieu. Ils poussaient en outre leur extravagance jusqu’à porter de longues barbes. Ce n’est qu’en 1666 ou 1667 qu’on parvint à étouffer ce que l’historien quaker Sewel a appelé « cet étrange incendie » ; à cette époque, selon George Fox, Bayly n’exerçait plus aucune influence.

En quittant la prison de Douvres, au début de mai 1662, Bayly se rendit à Londres, où il eut bientôt à souffrir des violentes persécutions qui suivirent l’adoption de la première loi antiquaker. Du 27 juin 1662 au mois de mars ou avril 1663, il prit quatre fois le chemin de la prison pour avoir refusé de prêter le serment d’allégeance. En une autre occasion, il comparut devant le lord-maire, Sir John Robinson, qui allait devenir gouverneur adjoint de la future Hudson’s Bay Company. Le 1er -mai 1663, Bayly fut emprisonné à Newgate, Bristol, pour avoir parlé à deux prêtres dans la rue. Dans la lettre qu’il écrivit de sa prison à Charles II, au mois de septembre suivant, il menaçait le roi des foudres du Ciel, l’exhortait à « éviter les émeutes, les excès, les coucheries et la dépravation, » et enfin il faisait allusion à l’époque de leur dernier entretien. Cette allusion est fort vague : si le roi et le quaker s’étaient déjà entretenus, ce ne pouvait être qu’au cours des trois années précédentes, ou bien alors à l’époque reculée de leur enfance.

Bayly fut ensuite confié à la garde du maire de St. Albans, puis en janvier 1664 il fut transféré à celle de Sir John Robinson, lieutenant à la tour de Londres. Il était accusé de menées séditieuses, mais il semble qu’il n’y ait jamais eu d’enquête. Comme la Tour était réservée à des prisonniers de marque et d’importance, on peut se demander pourquoi on l’y avait transporté ; ce fut peut-être par suite d’une intervention du roi qui se montrait indulgent envers les non-conformistes et les catholiques. On s’explique fort bien que ceux qui étaient chargés de protéger l’ordre établi aient considéré ces Amis comme tout particulièrement indésirables tant par leur solidarité que par leur intransigeance. Si on accusait Bayly de menées séditieuses, c’était sans doute pour son entêtement à refuser de prêter le serment d’allégeance et à cause de ses démêlés avec Fox et d’autres chefs quakers. Il semble impossible de justifier ce que l’ambassadeur de Venise en France affirmait au doge et au Sénat, à savoir que Bayly aspirait à devenir ou était devenu « le plus important et le plus célèbre de la secte des Quakers » ou encore qu’il avait été impliqué dans une « conspiration » d’Amis à Colchester vers la fin de 1663.

En 1667, Bayly adressa au roi « quelques bons conseils » et, au cours de l’été de 1669, il fut remis en liberté à la condition de passer en France pour des motifs qui demeurent inconnus. Vers la fin d’août, Henry Savile, courtisan en disgrâce, le rencontra à Paris, où il était précepteur des enfants de Lady Lexington, qui venait de mourir, et il le décrit comme « un vieux quaker à longue barbe. » De nouveau emprisonné à la Tour, Bayly demanda au roi, en décembre 1669, d’être remis en liberté. Sa requête lui fut accordée à la condition qu’il prît part « aux entreprises maritimes dans la baie d’Hudson et dans les régions nouvellement découvertes ou encore inconnues de cette partie du monde, » moyennant quoi il pouvait compter sur un « traitement et des allocations [...] raisonnables et proportionnés à son emploi. »

À cette époque, les membres fondateurs de la Hudson’s Bay Company (dont Sir John Robinson) venaient d’apprendre, à leur grande satisfaction, que le premier voyage à la baie d’Hudson, celui de Chouart Des Groseilliers et Zachariah Gillam en 1668–1669, avait été couronné de succès et qu’une charte royale allait bientôt protéger leurs intérêts. Cette charte, datée du 2 mai 1670, accordait au « gouverneur et à la compagnie des marchands d’Angleterre faisant commerce dans la baie d’Hudson » (« Governor and Company of Adventurers of England trading into Hudson’s Bay ») le pouvoir de nommer des gouverneurs pour ces postes d’outre-mer ; Bayly fut le premier à obtenir ce titre. On ignore encore la vraie raison d’un choix aussi peu judicieux. Il se pourrait que le roi, intéressé moralement mais non financièrement au succès de l’entreprise, ait profité de cette occasion pour se débarrasser d’un prisonnier incorrigible et pour venir en aide à un vieil ami, pourvu qu’il accepte à la fois cet exil honorable et ce poste bien rémunéré. Sir John Robinson, qui reconnaissait en Bayly un voyageur infatigable, un homme honnête, intrépide et entêté, l’aurait peut-être lui-même recommandé. Bayly, qui était certainement démoralisé et ruiné après tant d’années de déboires, ne pouvait guère qu’accepter d’être libéré à de telles conditions.

Avant de s’embarquer pour la baie d’Hudson, Bayly acheta pour £300 d’actions de la compagnie. Il faut sans doute y voir un gage de ses bonnes dispositions. En outre, comme il avait touché une pension du roi durant son emprisonnement dans la Tour, il est probable que Sir John Robinson, ou peut-être même Sir Anthony St. Leger, grands-père des enfants de Lexington, se porta garant pour lui. Les actions demeurèrent inscrites à son nom jusqu’à une date qui se situe entre 1673 et 1675.

Au début de juin 1670, Bayly partit de la Tamise à destination de Port Nelson, à bord du Wivenhoe (capitaine : Robert Newland). Pierre-Esprit Radisson* était au nombre des passagers tandis que Des Groseilliers voyageait à bord du Prince Rupert (capitaine : Zachariah Gillam). Les deux vaisseaux, qui avaient fait voile ensemble, se séparèrent le 18 août à l’extrémité ouest du détroit d’Hudson. Le Prince Rupert se rendit sans encombre au fort Charles, sur la rivière Rupert, mais le Wivenhoe eut de la difficulté à atteindre Port Nelson. À cause du brouillard et de vents contraires, il put à grand peine découvrir l’embouchure de la rivière. En septembre, néanmoins, Bayly mettait pied à terre et prenait officiellement possession du territoire en clouant à un arbre les armoiries de cuivre de Sa Majesté. Les Indiens, entre-temps, avaient quitté la région pour gagner l’intérieur des terres ; les hommes de Bayly en furent tellement découragés qu’on décida de faire voile vers l’établissement de la Rupert. Vers la mi-octobre, lorsque le Wivenhoe y accosta, le capitaine et son second étaient morts du scorbut, semble-t-il, et Bayly avait hérité du commandement.

Le gouverneur « renouvela et confirma » les ententes que le capitaine Gillam avait conclues avec les Indiens de la Rupert en 1668, et ses rapports avec eux furent cordiaux. Au printemps de 1671, Bayly et Radisson se rendirent à la rivière Moose, où ils obtinrent toutes les peaux de castor que le Wivenhoe devait ramener à Londres cette année-là. Quand les préparatifs du voyage de retour furent en bonne voie, Bayly, accompagné de Thomas Gorst et de quelques autres, explora à fond, dans des barques, la côte et les îles de la baie James. Ils y découvrirent des vestiges d’habitations d’origine non indienne ; ils crurent qu’il s’agissait de l’endroit où Henry Hudson était mort. Ils s’arrêtèrent ainsi à l’île Charlton où ils découvrirent des vestiges de l’expédition du capitaine Thomas James. Comme il ne parvint pas à obtenir de volontaires pour s’établir dans cette région et que, par ailleurs, il ne voulait contraindre personne, Bayly se vit forcé de rentrer en Angleterre. Il y arriva en octobre 1671, à bord du Wivenhoe, dont il était le commandant.

De ce moment, jusqu’à son retour au fort Charles, à l’été de 1672, Bayly s’occupa activement à écouler à Londres la cargaison de pelleteries de 1671 et à préparer sa prochaine expédition. Il est fort probable qu’il se maria au cours de l’hiver 1671–1672, car ce n’est qu’après son second départ pour la baie que son état de compte, dans le grand livre de la compagnie, fait mention de sa femme, Hannah.

À son arrivée au fort Charles en 1672, Bayly reçut l’ordre d’établir un poste sur la rivière Moose. Il construisit une petite maison dans l’île Hayes en 1673, mais on ne semble pas l’avoir occupée de toute la saison. Cette même année, Bayly envoya Des Groseilliers faire la traite à Port Nelson, mais l’expédition échoua, les Indiens étant alors à l’intérieur des terres. L’hiver 1673–1674 fut rigoureux et l’insuffisance d’aliments frais donna lieu, comme toujours, au scorbut. La situation se compliqua davantage par suite de l’hostilité des « Nodways », Indiens qui menacèrent de détruire le fort Charles. Un jour, l’incorrigible quaker conduisit lui-même un détachement à leur poursuite « sans toutefois s’approcher suffisamment pour leur infliger des pertes. » L’amitié que Bayly portait aux « Cuscudidahs » n’explique qu’en partie l’hostilité des « Nodways » : ils étaient surtout mécontents du taux d’échange de leurs pelleteries. Ce mécontentement résultait sans doute des démarches effectuées par le père Charles Albanel sur les bords de la rivière Rupert en 1672, juste avant le retour de Bayly. Le père Albanel avait réussi à démontrer qu’il était possible d’atteindre la baie James par voie de terre à partir du Canada et il avait pris possession de ce territoire au nom du roi de France. Dès l’été de 1674, le commerce de Bayly se ressentit de la présence des commerçants français qui ouvraient des positions stratégiques le long des cours d’eau tributaires de la baie James. Bayly fut ainsi le premier gouverneur de la compagnie à préconiser qu’on envoyât des hommes à l’intérieur des terres pour faire face à cette situation.

Au cours de l’été de 1674, Bayly se rendit sur les bords de la Moose, où il fit de bonnes affaires en interprétant plutôt largement, semble-t-il, les directives bien précises qui lui venaient de Londres. Le 16 juillet, il entreprit une expédition qui devait conduire « à la découverte de la rivière Shechittawan » (Quichicouane, maintenant Albany), ou « aucun Anglais n’était encore parvenu », Il conclut un traité avec les Indiens, mais comme sa visite était inattendue, il n’y eut guère d’échanges commerciaux. Il promit cependant de revenir l’année suivante et, le 21 juillet, il fit voile vers le cap Henriette-Marie, au Nord. Doublant l’île appelée aujourd’hui Akimiski, il lui donna le nom d’un des membres du comité de la compagnie, Sir Robert Vyner. Bayly découvrit plusieurs indices de famine chez les Indiens de la rivière Ekwan et de New Severn ; ayant entendu dire qu’il n’y avait pas de castors dans la région et que la mer au delà du cap Henriette-Marie était couverte de glaces, il décida de rebrousser chemin. Il dut toutefois faire un arrêt forcé à l’île Charlton, ce qui retarda jusqu’au 30 août son arrivée à la rivière Rupert.

Peu de temps après, le père Albanel, parti de Québec, atteignit le fort Charles par voie de terre. Lors de cette seconde visite à la baie James, il apportait à Bayly une lettre amicale de Buade de Frontenac. Si les Français entendaient par là ébranler l’allégeance du gouverneur anglais, ils n’eurent guère de succès, pas même dans les conditions pénibles qui sévissaient à la baie James au cours de l’hiver 1674–1675.

En 1674, Bayly s’inquiéta tellement du retard des vaisseaux de ravitaillement qu’il prépara des plans au cas où il faudrait évacuer le fort et retourner en Angleterre à bord du trois-mâts Imploy. Le 17 septembre, il était sur le point de s’embarquer quand deux vaisseaux arrivèrent avec la nouvelle qu’il était rappelé à Londres et que son successeur, William Lydall, était déjà arrivé. La saison était trop avancée pour entreprendre la traversée. Obligé de remettre son commandement, Bayly eut encore l’humiliation de passer la saison de 1674–1675 sous les ordres de son successeur. Comme il y avait plus de bouches à nourrir, ceux qui avaient déjà passé plusieurs hivers à la baie James recommandèrent aussitôt le rationnement. Lydall s’y étant opposé, il en résulta que, plus tard dans la saison, les hommes du fort Charles « furent soumis à des privations d’autant plus rigoureuses ». Bayly, grâce à l’expérience qu’il avait acquise, se tira mieux d’affaire sur la Moose. Lydall, désabusé et dégoûté, retourna en Angleterre en 1675 et Bayly reprit son commandement, qu’il devait conserver jusqu’à son deuxième rappel en 1679. Il continua d’explorer la baie James dans la mesure où cela était possible à bord de bâtiments de mer et, avant de rentrer à Londres, il confia à John Bridgar le premier établissement anglais sur la Quichicouane.

Au cours de son dernier été à la baie James, Bayly reçut la visite de Louis Jolliet, qui était venu de Québec par voie de terre, sur l’ordre de Frontenac, afin de se renseigner sur les postes anglais et de persuader les Indiens de traiter avec les Français. Bayly fit aux Français un accueil amical, mais il leur laissa entendre qu’il ne les craignait point et fit grand état des réalisations anglaises dans la baie depuis 1674.

Bayly arriva à Londres vers la fin de 1679 pour répondre à certaines accusations qu’on avait portées contre lui. Ce qui nous reste des archives de la compagnie pour cette période ne donne que de vagues indications sur la nature de ces accusations, mais il ne fait aucun doute qu’en plus d’avoir trait à la pratique défendue du commerce privé, elles étaient reliées à la mauvaise gestion des biens de la compagnie, au manque d’attention dans les détails et à l’emploi de méthodes non pas malhonnêtes, mais inefficaces. On était à instruire cette cause quand Bayly mourut, le 6 janvier 1680/1681, dans une résidence du Strand, propriété de William Walker, de la Hudson’s Bay Company, père du capitaine Nehemiah Walker. Deux jours plus tard, à la lueur de flambeaux et escorté des officiers du vaisseau John and Alexander, à bord duquel il était rentré à Londres, Bayly fut enseveli aux frais de la compagnie en l’église St. Paul, à Covent Garden. Plus tard, cette même année, son successeur John Nixon reçut du gouverneur et du comité un « écusson » qu’on lui demanda « d’exposer à la vue des Indiens pour leur faire comprendre qu’il [Bayly] était mort et que la compagnie n’avait pas manqué d’égard envers lui ». Sa veuve, Hannah, entama de longs pourparlers avec la compagnie au sujet de son traitement, qui avait été de £50 par an jusqu’en 1678 et subséquemment de £200 par an. Ce n’est qu’en 1683 qu’on en vint à une entente.

La première fois que Bayly se rendit sur la rivière Rupert, il ne comptait déjà plus, aux yeux des Amis : s’il n’avait pas encore abandonné toutes ses croyances de quaker, celles qui lui restaient avaient sans doute été ébranlées par les privations qu’il avait dû subir à la baie James et l’étroite cohabitation avec de rudes gaillards d’un commerce peu facile. On trouve la preuve de cette évolution dans le fait qu’il se lança à la poursuite des « Nodways », qu’il se procura aussi une « viole et autres instruments à cordes », car pour George Fox, la musique avait été tout aussi redoutable que la poudre à canon. Il n’avait fait usage en public ni des bibles ni des livres de prières et d’homélies que le gouverneur et le comité avaient expédiés à la baie James. On ignore cependant s’il faut attribuer cela à une indifférence croissante en matière de religion ou à un reste d’opposition à toute forme de culte traditionnel.

Bien que Bayly ait été rappelé pour répondre à des accusations de mauvaise administration, sa carrière à la baie d’Hudson demeure honorable. Ce fut avant tout un homme d’action qui ne pouvait s’astreindre à toutes les exigences de la comptabilité ; néanmoins, sa loyauté, son enthousiasme et l’énergie qu’il déploya à la baie James furent un précieux apport pour la compagnie durant les dix premières années de son existence.

Alice M. Johnson

Les écrits les plus intéressants de Bayly sont les suivants : A True and Faithful Warning unto The People and Inhabitants of Bristol [...] With a brief Account of some Tryalls and Sufferings (Londres, 1663) ; « The third of the Sixth Month, 1661 [i.e. 3 August 1661] From the Common Goal [sic] in Burkdou in France, about thirty leagues from Dover, where I am a sufferer for speaking the word of the Lord to two Priests » dans A Narrative of Some of the Sufferings of J.P. in the City of Rome (Londres, 1661), 11–16 ; et A Seasonable Warning and Word of Advice to all Papists, But most especially to those in the Kingdome of France (Londres, 1663). Pour d’autres renseignements sur Bayly, de même que sur les documents manuscrits ou imprimés le concernant, V. : Documents relating to Hudson Bay (Tyrrell), 383–397.— HBRS, V, VIII (Rich) ; XI (Rich and Johnson) ; XXI (Rich).— PRO, CSP, Venice, 1661–64.— W. C. Braithwaite, The beginnings of Quakerism, ed. H. J. Cadbury (2nd rev. ed., Cambridge, 1961) ; The second period of Quakerism (London, 1919).— Nute, Caesars of the wilderness, 131ss.

Bibliographie générale

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Alice M. Johnson, « BAYLY, CHARLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bayly_charles_1F.html.

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Auteur de l'article:   Alice M. Johnson
Titre de l'article:   BAYLY, CHARLES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   30 août 2014