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GAMELAIN DE LA FONTAINE, MICHEL, chirurgien, colonisateur, commerçant, né à Blois (France), en 1640 si l’on croit le recensement de 1667, de Michel Gamelain, marchand de vins, et de Françoise Bellanger, décédé vers 1676.

La première mention qui est faite de lui remonte à 1661, année de son mariage avec Marguerite Crevier, la sœur de Jean Crevier de Saint-François. Gamelain habita à Trois-Rivières, puis au Cap-de-la-Madeleine, où il obtint une concession en 1662. Il dut y exercer son art, puisqu’on le voit aux prises, en justice, avec Louis Pinard, également chirurgien de ces localités, qui redoutait la concurrence de Gamelain. Ainsi, Louis Pinard s’étant plaint de la modicité de ses gages comme chirugien de la garnison de Trois-Rivières, le Conseil souverain lui répondit que, s’il n’était pas satisfait, on le remplacerait par Michel Gamelain. Celui-ci préféra se livrer au commerce des fourrures. Pour ce faire, il mit ses connaissances pharmaceutiques à contribution, fabriqua de la bière avec du blé qu’il échangea contre des fourrures. Ses cabanes, l’une dans l’île Saint-Ignace, l’autre à l’entrée de la rivière Sainte-Anne, étaient fréquemment le théâtre de scènes fort disgracieuses où Amérindiens et Amérindiennes abusaient de la bière pendant que Gamelain se faisait céder leurs fourrures, avec d’autant plus de facilité qu’il parlait couramment la langue des indigènes de la région. Condamné le 20 juin 1667 comme « traiteur d’eau de vie » par le Conseil souverain, il exerça quand-même ce commerce jusqu’à la fin de sa vie. Même après avoir vendu sa seigneurie à deux officiers du régiment de Carignan-Salières, Thomas de Lanouguère et Edmond de Suève*, en 1670, Michel Gamelain continua son commerce de fourrures, envoyant ses anciens censitaires qui aimaient courir les bois faire la traite dans les pays d’en haut, et achetant de ceux qui préféraient se livrer à la culture le surplus de leurs récoltes, ce qui lésait terriblement les intérêts des nouveaux seigneurs. De 1670 à 1674, il prodigua ses soins occasionnellement aux malades de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Le ménage Gamelain aurait eu quatre ou cinq enfants, dont Françoise, qui épousa Claude Pinard, fils du chirurgien Pinard. Gamelain mourut vers 1676 ; sa veuve se remaria avec François Renou, de La Chapelle.

Charles-M. Boissonnault

Ahern, Notes pour l’histoire de la médecine.— Boissonnault, Histoire de la faculté de médecine de Laval.— Raymond Douville, Chirurgiens, Barbiers-chirurgiens et Charlatans de la région trifluvienne sous le Régime français, dans Cahiers des Dix, XV (1950) : 81–128, et dans Visages du vieux Trois-Rivières (Trois-Rivières, 1955) : 33–91 ; L’Épopée des petits traiteurs, Cahiers des Dix, XIV (1949) : 41–63 ; Premiers Seigneurs et Colons de Sainte-Anne de la Pérade (1667–1681) (Trois-Rivières, 1946).

Bibliographie générale

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Charles-M. Boissonnault, « GAMELAIN DE LA FONTAINE, MICHEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gamelain_de_la_fontaine_michel_1F.html.

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Auteur de l'article:   Charles-M. Boissonnault
Titre de l'article:   GAMELAIN DE LA FONTAINE, MICHEL
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   2013
Date de consultation:   22 octobre 2014